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Etudes Cham récentes

The State of Knowledge of Cam Studies in Thailand.
Bangkok, 22 - 23 mai 2013:

ETUDES CHAM RECENTES

En Thaïlande, Conférence de Mai 2013

Les 22 et 23 mai de 2013 s’est tenu à la Faculté d’Economie de l’Université Chulalongkorn de Bangkok la 6ème Conférence Annuelle du monde Musulman. Parmi les contributions présentées à cette conférence, on doit à Mme Plubplung Kongehana, Professeur à la retraite au département d’Histoire, Faculté des sciences sociales de l’université Srinakharin, et à M. Chainarong Sripong, Maître Assistant au même département, une importante communication intitulée “L’état des connaissances des Etudes Cham en Thaïlande” (The State of Knowledge in Cam Studies in Thailand).

Les auteurs ont d’abord souligné l’importance du commerce maritime entre la Chine de la région de Canton et le royaume du sud qu’ils appelaient Lin Yi, mentionnant l’acquisition de “buffles, éléphants, tortues-faucon (?), argent, épices et fruits”, ainsi que les attaques en 446 et en 605, par l’armée chinoise, de la capitale de ce royaume, attaques qui rapportèrent beaucoup d’or aux assaillants, ce qui montre que le dit royaume était riche.

La communication s’articule ensuite autour de trois thèmes: 1/ la présentation des trois communautés Cham encore vivantes en Thaïlande ; 2/ l’étude des sources pour mieux connaître les études Cham récentes ou actuelles en Thaïlande ; 3/ l’état des connaissance dans les études Cham en Thaïlande.

La première de ces trois communautés est celle de Pata Ku Cham, dans la province d’Ayutthaya ; ses membres seraient les descendants des Cham établis à la capitale du royaume au 14ème siècle. La seconde communauté est celle de Ban Krua, fondée en (1787), qui a été plusieurs fois étudiée, notamment à la suite du projet de destruction du site par l’Autorité de Voie express en 1988. La troisième communauté est celle Ban Namchieo, dans la province de Trat, au bord de la mer. Les trois communautés, qui ont maintenu leur croyance et leurs pratiques musulmanes, sont pour cela traitées ensemble, comme une totalité.

Pendant la période d’Ayutthaya, les Cham y étaient représentés en particulier par des aristocrates qui formaient les cadres de l’un des six régiments de volontaires étrangers du royaume (les cinq autres étaient ceux des Mon, des Chinois, des Japonais, des Indiens (? Khak) et des Européens). Ils bénéficiaient du Sakdina, le droit de posséder la terre, et étaient au nombre de deux mille. Le possesseur du titre de Paya Raja Wangsan avait rang de chambellan. Le commandant en chef de la marine royale était un Cham, ce qui consacrait la réputation de marins sur mer et sur rivière de ce peuple. Preuve supplémentaire: une partie du vocabulaire des bateaux (celui des mâts de misaine, des mâts majeurs et des mats d’artimon) est cham d’origine. La communauté était par ailleurs célèbre pour ses talents en matière de tissage qui était vendu au marché.

La communication dresse ensuite la liste des sources évoquées, la plupart en Thaï: six ouvrages, depuis celui du Prince Diskul en 1979 jusqu’à une compilation de 1996 ; vingt et un articles depuis celui de l’épigraphie de 1962, jusqu’à celui de 2010 présenté par le co-auteur de cette communication à une conférence précédente. Ces références sont complétées par douze autres sources, thèses, ou trouvables sur des sites Internet. Notons deux thèses sur le sujet soutenues en 2011 à l’Université Mahasaraham, l’une de Piyapan Saentaweesuk, intitulée “Music in livelihood of the Cham in Southeast Asia”, l’autre de Huynh Van Phuc, sous le titre “Cham Muslim in Vietnam after Doi-Moi Policy: the adaptation of economic life, religious practice and ethnic relations.”

Après une analyse de ces sources, qui parcourt les domaines qui y sont abordés, les auteurs font trois suggestions pour développer les études Cham à l’avenir: encourager les jeunes chercheurs à travailler dans ce domaine ; traduire en Thaï les livres et recherches faits en Khmer, Chinois, Japonais, Vietnamien et Français ; conserver un niveau international aux recherches faites à ce propos par les spécialistes Thaï.

Enfin, le document se termine par une bibliographie de trente deux titres, livres ou articles, essentiellement en Thaï.


Note: il est possible de consulter le texte en anglais de cette communication à la bibliothèque William Warren de la Fondation Jim Thompson à Bangkok.






 
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